Dans l'Ouest, les festivals musicaux s'engagent pour le biogaz et le bioGNV

Dans l'Ouest, les festivals musicaux s'engagent pour le biogaz et le bioGNV
Il y a trois ans, le Printemps de Bourges a ouvert le chemin de la valorisation de ses biodéchets. En 2024, la pratique s’étend à neuf festivals musicaux dans l’ouest jusqu’à Malestroit et Saint-Malo, en passant par Chambord, Château-Gontier et Rennes. Cinq d’entre eux vont plus loin dans la boucle d’économie circulaire avec la mise en place de navettes au bioGNV pour les festivaliers.
 
Ces festivals qui ont donc aussi un autre message à adresser à leur public qu’une grande ouverture aux différents genres musicaux, vous en connaissez sans doute plusieurs, au moins de nom. Déjà le Printemps de Bourges, dans le cher, qui enchaîne les programmations depuis 1977. Deux ans plus tard, les rencontres Trans Musicales débutaient à Rennes, en Ille-et-Vilaine, leurs sélections de découvertes internationales en sonorités modernes.

A Malestroit, dans le Morbihan, Au Pont du Rock créé en 1989 est considéré comme le plus ancien festival rock associatif et indépendant en Bretagne. A nouveau deux ans plus tard, La Route du Rock se met aussi à enflammer la Bretagne, à l’autre bout, depuis Saint-Malo (35). Le phénomène a gagné les Pays de la Loire avec des scènes qui affichent désormais « Complet » en Vendée avec le Festival de Poupet, en Loire-Atlantique pour le Hellfest, et dans la Mayenne où est organisé le V and B Fest’. S’y ajoutent le festival du Roi Arthur qui nous renvoie en Bretagne, à Bréal-sous-Montfort (35), et Chambord live à l’autre bout, sur la route des châteaux de la Loire.
 

Des vitrines d’initiative écologiques pour la jeunesse

De six en 2023 et aujourd’hui au nombre de neuf, qu’ont donc en commun ces festivals pour intéresser nos lecteurs ? Ils sont estampillés « Evénement engagé gaz vert » qui distingue des organisations poursuivant une démarche volontariste de valorisation en biogaz de tout ou partie de leurs biodéchets.

Chef de pôle communication pour GRDF, Baptiste Orinel souligne : « Les organisateurs de ces festivals sont souvent très acteurs à ce sujet. Le nombre en augmentation d’événements associés à la récupération et à la valorisation de leurs déchets prouve l’accueil favorable qui est réservé à la démarche ». De manière générale, les instances organisatrices sont appelées à modérer l’empreinte carbone et environnementale de leurs manifestations. Les neufs festivals veulent cependant aller encore plus loin. Ainsi en informant leurs publics sur le sort qui va être réservé aux biodéchets collectés sur place. On pouvait ainsi lire en 2023 sur une banderole tendue à Château-Gontier dans le cadre du V and B Fest’ : « Les déchets alimentaires des backstages contribuent à enrichir les sols et produire du gaz vert ».

Baptiste Orinel commente : « Ainsi, les organisateurs participent à la sensibilisation du public en faveur de pratiques vertueuses. Ils montrent que les déchets peuvent être exploités localement. Leurs événements musicaux et culturels deviennent alors aussi des vitrines d’initiatives écologiques observées par la jeunesse ».


 

Des biodéchets pour la mobilité des festivaliers

Cet élan pour la valorisation des déchets des festivals a été impulsé par GRDF. Les organisateurs de ces événements adoptent une démarche interne au sein de laquelle sont animés des groupes de travail sur le tri à la source et des rencontres de sensibilisation à destination des bénévoles et restaurateurs. Une collecte spécifique pour les biodéchets est mise en place. Sont, par exemple, concernés les fonds de bière, les huiles de friture, les restes alimentaires, etc.

Grâce à des stands d’information, le public peut découvrir ce qu’il adviendra de ces produits, avec un accent mis sur la valorisation par méthanisation au plus près de l’événement : « A travers cette démarche, ces festivals et GRDF dessinent un mode de gestion innovant fondé sur une valorisation de proximité inscrite dans un processus d’économie circulaire ».

Plusieurs de ces événements vont montrer que les déchets peuvent aussi servir à la mobilité des festivaliers : « En 2024, ils seront cinq. Il y avait déjà le Printemps de Bourges qui a été le premier à proposer une navette bioGNV. S’y ajoutent désormais La Route du Rock, Au Pont du Rock, le festival de Poupet et Chambord live. Pour une prochaine édition, un tel service pourrait être mis en place dans les cadres du Hellfest et de V and B Fest’ ».
 

Festival de Poupet

En 2024, la flotte la plus importante de navettes bioGNV sera mise en place à l’occasion du Festival de Poupet qui se tiendra du 26 juin au 19 juillet à Saint-Malô-du-Bois, près du Puy du Fou, en Vendée. Ne cherchez pas à acheter des places pour voir et entendre Matt Pokora, Pascal Obispo, Calogero, Grand Corps Malade, Matmatah, Simple Minds, Toto, Hoshi, et Zaho de Sagazan en valeur montante : tout est complet. « Ces spectacles se déroulent dans des sites qui peuvent accueillir de l’ordre de 5 000 personnes. Il y en a toutefois deux plus important chaque année qui réunissent 25 000 à 30 000 fans. En 2024, l’un d’eux sera dédié au rap. C’est pour son public très jeune que vont être mises en place treize navettes dont dix rouleront au bioGNV », précise Baptiste Orinel.

C’est la société vendéenne Sovetours qui va assurer le service. Nous avons donné récemment la parole à ce sujet à son directeur d’exploitation, Bastien Raineteau : « Pour le 17 juillet 2024, nous sommes sur une dizaine d’autocars bioGNV partant et revenant à La Roche-sur-Yon, Fontenay-le-Comte, Nantes et Bressuire. Ce sera la journée du rap, avec énormément de jeunes. Ces navettes pour les festivaliers éviteront aux parents de les conduire et récupérer en voiture ». Le chef de pôle communication chez GRDF tient à compléter : « Il y a vraiment une grande implication de Sovetours autour de ce programme. Pendant le concert, un clip de sensibilisation au biogaz sera diffusé. Il y a là un bel exemple d’économie circulaire, puisque les biodéchets seront traités par AgriBioMéthane, à 10 km de l’événement, qui délivre du bioGNV sous la marque Agricarbur ».


 

La Route du Rock...

Avec des noms généralement moins connus du grand public à l’exception d’Etienne Daho, c’est du 14 au 17 août que se produiront les artistes de l’édition 2024 de La Route du Rock. « Ils accueilleront leurs fans sur différents sites de Saint-Malo intramuros, sur les plages et au fort Saint-Père à Saint-Père-Marc-en-Poulet où des jeunes vont aussi camper. C’est pourquoi huit navettes fonctionnant au bioGNV vont être mises en place », explique Baptiste Orinel. De Saint-Malo au fort Saint-Père, la distance n’est pas très élevée, pas plus de 13 km. Elle est toutefois trop importante pour la réaliser à pied et de nuit afin de retourner au camping. En outre, il n’est pas toujours très simple de se garer à Saint-Malo.

Ce qui justifie pleinement là aussi les rotations de navettes : « Le service sera assuré par l’opérateur RGO Mobilités installé dans le secteur de Rennes. Il travaille déjà depuis quelques années avec l’organisation de La Route du Rock. En totalité les déchets seront triés, collectés et méthanisés à proximité. L’an dernier, ce sont deux tonnes environ de biodéchets qui ont été ainsi valorisés ». Saint-Malo poursuit son programme de développement en faveur des énergies renouvelables : « La station d’épuration locale va bientôt produire du biogaz qui sera injecté sur le réseau ».
 

... au Pont du Rock

Entre le Festival de Poupet et La Route du Rock, il y aura Au Pont du Rock, les 2 et 3 août 2024. Ici se produira Christophe Mahé, mais aussi des artistes connus de publics jeunes. Ainsi Dinos, Favé, Leto, Pomme, et à nouveau Zaho de Sagazan. Plus court, cet événement musical et culturel affiche des besoins moins importants pour la mobilité des festivaliers : « Il n’y aura qu’une seule navette, et elle sera alimentée au bioGNV. Elle effectuera plusieurs rotations dans la journée entre Rennes et Malestroit ».

En plus du tri des biodéchets et de la méthanisation, cet événement compte « un gros volet de sensibilisation sur le biogaz avec un flocage dédié sur l’autocar ». Une pratique initiée avec le Printemps de Bourges. L’année dernière, sur l’autobus dédié, on pouvait lire : « Ceci n’est pas qu’un trognon de pomme ! Vos déchets alimentaires deviennent du gaz vert et un engrais naturel ». Livré cette le 29 juin 2024 à David Guetta, Chambord live bénéficiera aussi pour sa troisième édition de deux navettes fonctionnant au bioGNV.
 
Gaz Mobilité et moi-même remercions vivement Baptiste Orinel pour sa disponibilité et le temps pris à répondre à nos questions.
 

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Philippe SCHWOERER Philippe SCHWOERER
Journaliste
Très tôt sensibilisé aux économies d'énergie, Philippe défend une mobilité durable plurielle à travers ses articles publiés dans plusieurs médias en ligne.

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