« Ne cassons pas ce qui marche » : l'Union TLF monte au créneau sur la fiscalité des biocarburants

« Ne cassons pas ce qui marche » : l'Union TLF monte au créneau sur la fiscalité des biocarburants
Après la publication du rapport de la mission flash sur la décarbonation du transport routier de marchandises, une nouvelle voix s'élève pour contester l'une de ses recommandations les plus controversées. L'Union TLF - qui fédère les entreprises de transport et de logistique - exprime une opposition ferme à l'idée d'alourdir la fiscalité sur les biocarburants, dont le bioGNV.

Les biocarburants : une solution d'aujourd'hui

Le message de l'organisation professionnelle est sans ambiguïté : le transport routier de marchandises n'a pas les reins assez solides pour encaisser une charge supplémentaire à l’heure où le secteur traverse une « période critique ».

Sur le fond, l'Union TLF défend une lecture diamétralement opposée à celle du rapport parlementaire, que nous analysions ici la semaine dernière. Là où les rapporteurs considèrent que les biocarburants devraient être réservés aux transports maritimes et aériens, TLF estime qu'ils constituent la réponse la plus immédiate et la plus réaliste pour les flottes actuellement en service - sans attendre un déploiement des infrastructures électriques encore largement inachevé.

La fédération s'inscrit ainsi dans la même ligne que la FNTR, qui avait déjà qualifié de « ligne rouge » toute suppression des avantages fiscaux liés au B100 ou au suramortissement pour les motorisations alternatives non électriques.
 
L'exemple des pays nordiques
Pour appuyer sa position, TLF pointe un paradoxe souvent ignoré dans le débat hexagonal : les pays européens qui avancent le plus vite sur l'électrification de leurs flottes poids lourds sont aussi ceux qui font le plus appel aux biocarburants. Loin de s'opposer, les deux trajectoires se complèteraient, notamment dans la période de transition que traverse actuellement le secteur.

« Une fiscalité accrue sur les biocarburants serait une erreur stratégique aux conséquences lourdes. Ne cassons pas ce qui marche, et préservons à tout prix le tissu économique des transporteurs aujourd'hui en grande difficulté », avertit Jean-Thomas Schmitt, président de l'Union TLF.

Un appel qui rejoint, sur le fond, celui de la FNTR : la transition énergétique du transport routier ne peut pas se réduire à un pari exclusif sur l'électrique. B100, HVO, bioGNV, hydrogène, électrique… elle suppose un mix diversifié dans lequel chaque énergie joue son rôle selon les usages et les capacités des entreprises.

La recommandation n°3 du rapport, qui envisage d'éteindre progressivement les avantages fiscaux des biocarburants et du biogaz pour améliorer la compétitivité relative des camions électriques, pourrait bien être la mesure de trop dans un secteur qui n'a plus de marge de manœuvre…

Source : e-tlf.com
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