GNL : le Gaz Naturel Liquéfié c'est quoi ?

GNL : le Gaz Naturel Liquéfié c'est quoi ?
Le Gaz Naturel Liquéfié, en abrégé GNL, est en passe de devenir de plus en plus commun dans le monde des transports où il s’affiche en complémentaire avec la classique technologie GNC.

SOMMAIRE

Qu'est-ce que le Gaz Naturel Liquéfie (GNL) ?

Difficile d'expliquer la notion de GNL sans recourir à une tautologie... L'acronyme GNL est employé pour désigner un gaz ayant été condensé sous forme liquide. Pour réussir ce tour de force, les industriels refroidissent le gaz à -160 °C. Constitué à plus de 95 % de méthane, le Gaz Naturel Liquéfié se révèle très utile en logistique. À l’état naturel, les principaux gisements de gaz se retrouvent notamment au Qatar, en Russie, au Nigéria, en Norvège ou en Algérie. Au vu de la distance qui les sépare de leur destination finale, l'installation de gazoducs serait non seulement onéreuse mais aussi complexe.

À la différence du gaz brut, le GNL peut aisément être stocké dans des cuves et transporté par voie maritime. De par cette caractéristique, il joue un rôle clé dans la diversification des sources d'approvisionnement en énergie : en 2023, le GNL représentait près de la moitié des flux mondiaux de gaz naturel, soit plus de 500 milliards de m³ acheminés sous cette forme, contre environ un tiers en 2016 (source : Connaissance des Énergies).

Sur le plan réglementaire, l’Union européenne a adopté en décembre 2025 un calendrier contraignant de sortie du gaz russe. Le règlement (UE) 2026/261, entré en vigueur le 3 février 2026, interdit les nouveaux contrats spot de GNL russe depuis le printemps 2026 et prévoit la fin des contrats long terme au 1er janvier 2027. Ce calendrier redessine progressivement la carte des approvisionnements européens en GNL.

Comment est fabriqué le GNL ?

Le passage du gaz naturel de l’état gazeux à l’état liquide passe par plusieurs étapes successives :
  • Le pré refroidissement : Petit à petit, la température du gaz est abaissée à une température de -30 °C. Grâce à un passage dans une série de colonnes d'épurations, il est ensuite débarrassé des gaz de pétrole liquéfiés tels que le propane ou le butane.
  • La liquéfaction : Comprimé, refroidi puis détendu, le gaz naturel passe progressivement du stade gazeux à celui de liquide. Au sortir de cette étape, le méthane est désormais un GNL dont la température avoisine les -160 °C.

Conservation et transport du GNL

Pour être transporté par camion ou par voie maritime via de gigantesques méthaniers, le GNL est conservé dans des cuves métalliques ou en béton. Similaires à des thermos, elles ont pour principale mission de créer un environnement favorable au maintien du gaz sous forme liquide. Sous forme liquide, 600 m³ de gaz n'occupent qu'1 m³ d'espace. Sachant qu'un réservoir contient entre 65 000 et 150 000 m³ de GNL, imaginez les quantités impressionnantes d'énergie qui peuvent y être stockées.

Le phénomène du boil-off

Malgré l’isolation très poussée des cuves, une partie du GNL s’évapore naturellement au cours du stockage et du transport. Ce phénomène, appelé boil-off (ou BOG pour Boil-Off Gas), s’explique par les infiltrations thermiques inévitables à travers les parois, même les mieux isolées. Le GNL étant stocké à sa température d’ébullition (environ -161 °C à pression atmosphérique), la moindre entrée de chaleur suffit à en vaporiser une fraction. Sur les méthaniers les plus récents, les systèmes de confinement à membrane les plus performants (comme le Mark III Flex+ de GTT) affichent un taux d’évaporation garanti de l’ordre de 0,07 à 0,1 % du volume de la cargaison par jour. 

Ce boil-off n’est toutefois pas perdu : sur les méthaniers, il est couramment réinjecté comme carburant dans la propulsion du navire ou reliquéfié pour retourner en cuve. Sur les installations terrestres et dans les camions, la pression générée par le boil-off est régulée par des soupapes de sécurité, ce qui impose de consommer le GNL dans un délai relativement court après son chargement, faute de quoi les réservoirs se réchauffent progressivement.
 

L’utilisation du GNL dans les transports

Longtemps réservé aux applications industrielles, le GNL a peu à peu investi le monde des transports. Complémentaire au gaz naturel comprimé (GNC), il présente l’avantage d’une autonomie plus large de par sa forte densité énergétique. Dans les transports, le GNL est aujourd’hui utilisé pour deux grands types d’applications :
  • Les camions GNL qui affichent des niveaux d’autonomie similaires à leurs équivalents diesel, soit plus de 1000 kilomètres avec un plein
  • Les navires où le GNL répond aux nouvelles normes environnementales internationales.
  • Les autocars :  c’est le segment le plus avancé après le routier lourd. FlixBus a déployé ses premiers autocars au bio-GNL dès octobre 2024 sur la ligne Amsterdam-Bruxelles, en partenariat avec Shell, Scania et Irizar, avant d’étendre le dispositif à l’Italie en janvier 2025. 
Aussi pour l'industrie
Le GNL sert aussi à alimenter des sites industriels non raccordés au réseau de gaz naturel : cimenteries, carrières et mines, métallurgie, agroalimentaire, serre s ou séchoirs céréaliers. Livré par camion-citerne et stocké sur site en cuve cryogénique, il offre à ces industriels une alternative au fioul lourd ou au propane, sans les contraintes d’un raccordement au réseau.

A lire aussi : Comment faire le plein d'un camion GNL ?



Quid du bioGNL ?

S’il reste aujourd’hui majoritairement produit à partir de gaz naturel fossile, le GNL a également son équivalent renouvelable. Basé sur la liquéfaction du biométhane, le bioGNL poursuit sa montée en puissance en Europe, portée notamment par le transport maritime.

Le règlement européen FuelEU Maritime, entré en application le 1er janvier 2025, impose aux navires opérant dans les eaux européennes une réduction progressive de l’intensité carbone de leur carburant, jusqu’à 80 % d’ici 2050. Chez l’opérateur Gasum, la part du biométhane dans les volumes vendus aux clients maritimes est ainsi passée de 0,8 % en 2024 à 12,3 % en 2025.

En France, les terminaux méthaniers d’Elengy à Fos-sur-Mer et Montoir-de-Bretagne ont obtenu en avril 2025 la certification ISCC leur permettant de pratiquer la liquéfaction par équivalence : un producteur de biométhane injecte son gaz dans le réseau, qui se mélange au gaz fossile, et la valeur renouvelable correspondante est ensuite attribuée au GNL chargé dans un navire. Ce mécanisme, aujourd’hui central pour le bioGNL maritime, fait toutefois l’objet d’une révision réglementaire contestée par la filière, qui a alerté la Commission européenne fin juin 2026.

 
 


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