Camions GNV et contrôles CID : une obligation peu connue des transporteurs

Camions GNV et contrôles CID : une obligation peu connue des transporteurs
Filiale de la société de conseil Maintenance et Conseils Industriels, MCI Inspections s’est lancée depuis fin 2019 dans une activité de contrôle des véhicules lourds fonctionnant au gaz naturel (camions, bus) Une obligation peu connue des transporteurs sur laquelle revient Arnaud VERDIER, fondateur de la société.
 
Plutôt bien intégrés dans le transport public de voyageurs où les bus au gaz naturel circulent depuis de très nombreuses années, les contrôles CID (Contrôle par Inspection Détaillée) restent encore très peu connus dans le secteur du poids-lourd.
 
« Ces contrôles ont toujours été obligatoires mais les propriétaires de camions au gaz naturel ou leurs exploitants n’ont jamais vraiment été alertés de leur existence, y compris par les commerciaux des constructeurs qui ne sont pas forcément au courant » explique Arnaud Verdier. Problème : avec les évolutions réglementaires, les centres de contrôle technique exigent désormais le procès-verbal du contrôle CID du circuit GNC. A défaut du précieux sésame, les camions sont refusés au contrôle sans interdiction de circuler mais pour une durée d’un mois seulement.
 

Un contrôle CID tous les quatre ans

Indépendante du classique contrôle technique, l’opération CID s’appuie sur une réglementation européenne : le règlement CEE-ONU R110. « Le document fait plus de 100 pages et définit les conditions d’homologation de tous les composants d’un véhicule au gaz naturel. Celui-ci indique que les réservoirs doivent être inspectés et contrôlé tous les 48 mois ».
 
Une réglementation européenne que chaque pays membre est libre d’appliquer comme il le souhaite. En France, c’est le Centre Technique des Industries Mécaniques (CETIM) qui a été missionné par le ministère des transports pour mettre en place les procédures d’inspection visuelle et les conditions de certification des contrôleurs CID auprès du COFREND. Spécifique au GNC, cette obligation ne concerne pas les camions GNL.
 
« Le contrôle CID est un contrôle visuel de l’intégralité du circuit haute pression fonctionnant à 200 bars, des réservoirs jusqu’au détendeur qui ramène la pression du GNV à une dizaine de bars avant d’être injecté dans le moteur. On recherche notamment les chocs ou les abrasions qui pourraient fragiliser le circuit » résume Arnaud Verdier. « Il y a deux risques majeurs que l’on appréhende : Le premier, c’est le risque d’une explosion consécutive à la rupture sous pression d’un réservoir ou d’un composant. Malgré d‘importants coefficients de sécurité et des durées de vie limitées, les composants tels que les canalisations ou les vannes peuvent être fragilisés par des impacts, de la corrosion, des frottements, des rayures profondes…. Le second, c’est la fuite de gaz. Plutôt rares, les fuites sont souvent minimes et, prises à temps, loin de pouvoir provoquer des incendies ou des explosions. Notre travail est donc de détecter et de caractériser tous les défauts, petits et gros ».
 
« Les composants du circuit GNC d’un poids-lourd sont plus exposés que ceux d’un bus » note notre interlocuteur. « Dans le cas des bus, les réservoirs sont situés sur le toit. Ils subissent donc moins d’agressions. Sur les camions, les réservoirs sont situés directement au niveau du châssis et sont donc plus exposés aux chocs ».
 
Sur le terrain, la durée de la procédure de contrôle va dépendre du nombre de réservoirs à inspecter mais aussi du carrossage. « Le contrôle CID reste une inspection visuelle, durant laquelle seuls les carters de protection des réservoirs sont démontés. Avec certains carrossages, comme les camions frigorifiques, il faut parfois jouer les contorsionnistes et travailler avec des jeux de miroirs pour effectuer correctement le contrôle. L’idéal est de travailler sur fosse mais ce n’est pas toujours possible puisqu’on intervient chez nos clients la plupart du temps… alors on s’adapte » détaille notre interlocuteur.


 

De nombreuses préconisations

Si la réglementation impose aux transporteurs un contrôle CID tous les 4 ans, MCI Inspections préconise d’aller beaucoup plus loin. « Nous sommes dans une logique d’accompagnement de nos clients jusque dans l’entretien de leurs véhicules. Nous sommes d’abord un bureau de contrôle indépendant mais l’idée c’est de travailler sur la fiabilité, la rentabilité et la disponibilité des parcs de véhicules : sensibilisation à la surveillance des véhicules, planification optimale des contrôles CID, préconisations de réparation de défauts mineurs… » explique Arnaud Verdier. « Avec une vision de flotte, on alerte sur des petits défauts ou des malfaçons qui peuvent empirer au fil du temps et engendrer des pannes voire des accidents, des immobilisations et d’importants couts de réparation si rien n’est fait » justifie-t-il.
 
Egalement préconisé par le CETIM et l’AFGNV dans le domaine des bus, le contrôle CID à réception des véhicules neufs fait partie des recommandations de MCI Inspections. « Aujourd’hui, c’est presque devenu la norme sur les bus. Les acteurs du poids-lourds s’y mettent aussi puisqu’on découvre parfois des réservoirs ou des canalisations à remplacer sur des camions qui n’ont que 4 ans. En cause : des dégradations irréversibles dues à des vis de faux-châssis ou des éléments de carrosserie qui touchent les réservoirs, des canalisations GNC usées par des faisceaux électriques, des flexibles hydrauliques attachés dessus…. Après 4 ans de circulation, les véhicules ne sont plus sous garantie et c’est au client de prendre à sa charge d’importantes factures de remise en état de ces dégradations » explique Arnaud Verdier.
« Un contrôle CID sur un véhicule neuf permet de détecter et faire reprendre immédiatement les malfaçons par les constructeurs ou les carrossiers ».
 
Autre service proposé par MCI Inspections : le contrôle CID après accident. « Le contrôle des réservoirs après collision est rendu obligatoire par le règlement R110, sauf que personne ne le sait » souligne notre interlocuteur. « Nous intervenons pour contrôler l’intégralité du circuit dont les pièces endommagées et préconiser les réparations à effectuer en toute impartialité. Il y a quelques mois, nous avons eu le cas d’un transporteur qui avait accroché un camion sur une borne anti-stationnement. Le réparateur préconisait de remplacer 4 réservoirs endommagés. Le contrôle CID a permis de caractériser tous les impacts au regard de la procédure CETIM et des critères du fabricant des réservoirs. Au final, aucun réservoir n’a dû être remplacé, près de 20K€ d’économies pour le transporteur et des semaines d’immobilisation évitées ».
 

Une structure en plein développement

Fort de plusieurs partenariats avec des transports tels que Jacky Perrenot, Transalliance, Geodis ou la STAF, MCI Inspections compte aujourd’hui deux contrôleurs certifiés capables d’intervenir dans toute la France.
 
« On se structure progressivement au fur et à mesure de la demande. La filière étant relativement jeune, cela va crescendo. Premier bureau de contrôle indépendant spécialisé dans les CID, nous avons l’ambition de suivre cette progression avec de nouveaux recrutements » conclut Arnaud Verdier.

Et de rajouter que sa société de conseil Maintenance et Conseil Industriels, accompagne les transporteurs et les collectivités dans leur transition énergétique : conduite de projets, mise aux normes des locaux, formation des chauffeurs, des techniciens des ateliers, mise en place de procédures de maintenance et de mise en sécurité des véhicules… Une orientation résolument GNV !
 
 
 

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1 Commentaire

  1. TALLECPublié le 22/07/2020 à 11:48

    Quel est le prix moyen d’un contrôle CID pour un porteur et un tracteur ?
    Quel est le temps moyens d’immobilisation du véhicule ?
    Cette obligation est-elle applicable à tous types de véhicules (VL, VU, VUL...) ?

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