Comment Caen-la-Mer compte convertir l'intégralité de ses bus au biogaz

Comment Caen-la-Mer compte convertir l'intégralité de ses bus au biogaz
Photo : Keolis Caen Mobilités
D’ici 2029, à raison d’une bonne vingtaine d’unités par an, toute la flotte de bus opérée par Keolis à Caen-la-Mer sera convertie au bioGNV. Vice-président aux transports pour la communauté urbaine, Nicolas Joyau nous explique ce programme qui vise à diminuer de 75% les émissions de CO2 des transports en commun du territoire.
 
« A terme, en 2029, c’est la totalité des bus circulant sur le territoire de Caen-la-Mer qui seront remplacés par des modèles alimentés au bioGNV. Avec une première acquisition de 25 exemplaires cette année pour une enveloppe de 8 millions d’euros, et autant en 2022 pour le même nombre de véhicules », lance Nicolas Joyau.
 
Une feuille de route sur 10 ans, divisée en 4 phases, a été établie. Entre 2021 et 2024, ce sont tous les véhicules antérieurs à 2014 qui seront ainsi renouvelés. Sur les 2 années 2025 et 2026, les modèles Euro 5 disparaîtront. Les derniers bus diesel sortiront de la flotte à cheval sur 2027 et 2028. L’année suivante, les derniers véhicules à être remplacés seront les minibus, les autocars et les engins équipés pour le transport des personnes à mobilité réduite. « Changer tout le parc trop vite n’aurait pas été supportable financièrement. Sa conversion se fait cependant à un rythme accéléré, comparée à une durée de vie calculée sur l’amortissement des véhicules », commente le vice-président aux transports.
 

Des bus bioGNV achetés via l’UGAP

 « Entre les modèles électriques, bioGNV et autres technologies pour faire baisser les émissions carbonées et la pollution des bus, nous avons choisi le biogaz pour la fiabilité des véhicules et l’équilibre économique. Avec cette solution, le surcoût par rapport au diesel s’élève à pas plus de 10-15%. Pour les électriques, il aurait fallu compter le double », estime Nicolas Joyau. « Nous n’avons pas effectué d’essais de modèles en situations réelles, mais nous avons profité des retours d’expériences d’autres collectivités », révèle-t-il.
 
Chargé de mission pour ce projet de la communauté urbaine, Benoit Besnehard nous confirme que l’acquisition des bus GNV sera effectuée via l’UGAP, la centrale d’achats des collectivités publiques : « La procédure est actuellement en cours ». Pour quels modèles ? « Nos derniers véhicules diesel commandés étant des Mercedes Citaro, il y a une attention particulière sur ce modèle. Toutefois rien n’est acté à ce stade », nous répond-il.
 

Une énergie qui fait sens sur le territoire

« L’emploi du biogaz pour les bus du territoire fait sens pour Caen-la-Mer. Nous avons un projet de méthanisation des boues d’une station d’épuration installée au niveau de la presqu’île. Toute en améliorant les performances énergétiques, le volume de biogaz produit pourra satisfaire au tiers des besoin de la flotte une fois qu’elle aura été totalement convertie », chiffre Nicolas Joyau.

Au bout d’un investissement de 10 millions d’euros, ce chantier devrait être livré en 2024. « Il n’y aura cependant pas de connexion directe entre cette installation et le dépôt de bus. Le biogaz produit sera injecté sur le réseau. Nous bénéficierons de certificats d’origine gérés au niveau national. Pour nous, la situation est cependant très claire : Caen-la-Mer sera ainsi un territoire producteur de biogaz, et nous consommerons au moins l’équivalent des volumes obtenus », met en perspective le vice-président aux transports. « Dans le cadre du schéma directeur des énergies en cours, la collectivité étudie le développement de toutes les énergies renouvelables. Nous sommes implantés sur un territoire agricole. Plusieurs projets de biométhanisation progressent en son sein ou à proximité », souligne-t-il.
 

Une station bioGNV au dépôt des bus

« Au début de notre programme, nous disposerons d’une station provisoire dimensionnée pour l’avitaillement en GNV de 30 véhicules par jour. Elle sera installée au dépôt de Hérouville-Saint-Clair, au Nord-Est de Caen. Grâce à une petite marge, nous n’excluons pas l’accueil de quelques autres engins de la communauté urbaine », réfléchit Nicolas Joyau. « Toutefois il ne serait pas possible d’ouvrir au public cette station, ni la définitive. Et ce, afin de ne pas perturber le remplissage des réservoirs des bus. Cette opération s’effectuera aussi bien de nuit qu’en dehors des heures de pointe au besoin », justifie-t-il.
 
Le marché n’a pas encore été lancé pour la station définitive, mais Benoit Besnehard nous communique quelques-unes de ses caractéristiques techniques : « Le site recevra 3 compresseurs, pour un débit théorique fonctionnel de 1.998 Nm3/h. Le dépôt comptera 178 places équipées pour la charge lente de nuit. S’y ajoutera un distributeur rapide, notamment pour l’avitaillement des véhicules qui ne stationnent pas sur place, à Hérouville ».
 
Une mission AMO confiée à SPMO
 
Charge lente et/ou rapide, dimensionnement des compresseurs, réaménagement des installations, raccordement, équipements de sécurité etc... l’agglomération de Caen la Mer a sélectionné le cabinet SPMO pour l’accompagner dans l’équipement de ses dépôts. Dans sa mission d’assistance à maitrise d’ouvrage, SPMO est en premier lieu chargé d’évaluer les besoins capacitaires du dépôt tout en tenant compte des différentes phases de déploiements prévues par la collectivité.
 
« Notre rôle est d’établir un cahier des charges tout en anticipant les différentes phases de déploiements prévues par la collectivité en prévoyant par exemple l’ajout de compresseurs et de postes de distribution » détaille Guillaume Baudrin, Directeur pôle Nouvelles Mobilités au sein de SPMO.
 
 

Production photovoltaïque

« Le budget alloué à la construction de la station s’élève à 4 millions d’euros. Ce qui fait, pour la période 2021-2022, 20 millions au total, en comprenant les 8 millions annuels pour le remplacement des bus », aligne Nicolas Joyau. « Dans le cadre d’un marché distinct, nous souhaitons couvrir les portiques d’avitaillement de panneaux photovoltaïques pour une puissance installée de 3 MW. Une étude est en cours à ce sujet. Il s’agit d’optimiser les infrastructures du parking. Nous recherchons des usages locaux pour consommer cette énergie », conclut notre interlocuteur
 
 
Gaz Mobilité et moi-même remercions Nicolas Joyau et Benoit Besnehard pour leur réactivité et leur disponibilité.
 
 
 

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