Crise de l'énergie : il faut libérer le potentiel du biogaz

Crise de l'énergie : il faut libérer le potentiel du biogaz

Sur fond de crise énergétique, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et les gestionnaires des réseaux gaziers appellent le gouvernement à prendre des mesures immédiates et volontaristes pour accélérer l’essor des gaz renouvelables.

En Europe, 40 % du gaz et 27 % du pétrole brut importés en Europe proviennent de Russie. Alors que le conflit ukrainien ravive une crise énergétique déjà bien amorcée par la pandémie, la question de l’indépendance énergétique devient essentielle. Dans le domaine du gaz, c’est le biométhane qui s’impose comme la solution à privilégier.

Dans un communiqué commun, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et les gestionnaires des réseaux gaziers (GRDF, GRTGaz, Teréga…) estiment que les gaz renouvelables pourraient représenter 20 % de la consommation de gaz à horizon 2030. De quoi limiter la dépendance aux importations venues de Russie.

Amplifier la dynamique et soutenir les projets de grande envergure

En un an, la production de biométhane injecté a quasiment doublé sur le territoire, passant de 2.2 TWh en 2020 à 4.3 TWh à fin 2021. Au total, plus de 150 nouveaux sites de méthanisation ont été mis en service l’an dernier. Une dynamique qui n’est toutefois pas suffisante au regard des enjeux.

« Ces bons résultats sont encourageants mais ne doivent pas masquer le ralentissement que connaît le développement de nouveaux projets depuis la modification du cadre économique entamé fin 2020. L’objectif bas de 14 TWh en 2028 pourra être largement dépassé, dès 2023, si des mesures simples et volontaristes sont prises très rapidement » avertissent les gaziers dans un communiqué commun.

Aller plus loin :

Vers des gigafactories du biométhane

Alors que le gouvernement français a récemment acté la hausse de la prise en charge des coûts de raccordement, le SER et les opérateurs gaziers appellent à aller plus loin.

Parmi les mesures proposées figurent le raccourcissement des délais d’obtention des autorisations administratives mais aussi la mise en place de nouveaux dispositifs de soutien.

« Un décret sur les certificats de production de biogaz, imposant aux fournisseurs l’incorporation d’un taux minimum de gaz vert dans leur portefeuille, devrait être publié d’ici fin mars. La fixation en 2022 d’un premier niveau d’obligation permettrait d’accroitre significativement les niveaux de production dès 2025 » ajoute le communiqué qui invite également le gouvernement à définir les contours d’un appel d’offres centré sur les installations de plus de 25 GWh/an. Des gigafactories du biogaz nécessaires pour initier une production de biométhane à grande échelle mais aussi pour se rapprocher du prix du gaz naturel fossile.

« Si l’État fait accélérer l’instruction des dossiers en file d’attente par ses services et garantit un dispositif de soutien stable, on connaitra une forte accélération du nombre de nouveaux projets. Dans ces conditions, les gaz renouvelables peuvent représenter 20 % de notre consommation de gaz en 2030 » estime Jean-Louis Bal, président du SER.

Des objectifs renforcés en Europe

La France n’est pas la seule à vouloir accélérer le développement du gaz vert. Dans le cadre de son plan REPowerEU, la Commission européenne a doublé ses ambitions avec un objectif de production désormais affiché à 35 milliards de m3 de biométhane d'ici à 2030.

De son côté, l'association européenne du biogaz (EBA) appelle les autorités européennes à mettre en place des actions « urgentes et immédiates » pour tenir l'objectif. 

« L'objectif du biométhane devrait être intégré dans la directive européenne sur les énergies renouvelables et dans d'autres législations » souligne l’association qui invite également à sécuriser les matières première nécessaires à la production du gaz vert.

Côté budget, EBA estime l’investissement nécessaire à 80 milliards d’euros pour la construction d’environ 5 000 unités de méthanisation supplémentaires. « En plus de construire de nouvelles installations, il serait aussi possible d'ajouter de manière rentable des unités de méthanisation aux usines de biogaz existantes » complète l’association.



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