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Gazéification hydrothermale : GRDF lance un appel à projets

Gazéification hydrothermale : GRDF lance un appel à projets
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La méthanisation a ouvert la voie du gaz renouvelable, mais elle ne sait pas tout traiter. Les boues de stations d'épuration trop liquides, les digestats devenus non épandables faute de débouchés agricoles suffisants, certains résidus industriels ou agroalimentaires... ces matières échappent largement aux filières actuelles. C'est précisément sur ce gisement que GRDF vient d'ouvrir un nouvel appel à projets, consacré à la gazéification hydrothermale (GHT), avec un objectif resserré sur un point encore mal documenté, la qualité réelle du gaz produit.

Après les travaux engagés depuis plusieurs années avec le CEA dans le cadre du projet Gazhyvert, puis l'étude pilotée par NaTran (ex-GRTgaz) avec Suez et Teréga en 2024, c'est désormais GRDF qui structure sa propre démarche pour accompagner le passage à la filière de la gazéification hydrothermale.

Un angle resserré sur la composition du gaz, pas sur le procédé

Avec un cadre resserré, l'appel à projets lancé par GRDF porte sur un point encore largement sous-documenté : que contient exactement le gaz obtenu, selon la matière traitée et le procédé utilisé. GRDF l'affirme sans détour dans son cahier des charges, la filière manque de données concrètes sur ce sujet, alors que la composition du gaz peut sensiblement varier en fonction du type d'intrant, de sa préparation et du procédé employé.

Les candidats devront caractériser des matières ou déchets produits en France métropolitaine, analyser la composition du gaz obtenu (son pouvoir énergétique, la présence éventuelle de composés indésirables), puis identifier les traitements nécessaires avant une injection conforme aux exigences réseau. GRDF impose une condition structurante : les répondants doivent former un consortium réunissant à minima un détenteur d'intrant et un développeur de technologie, ce qui élimine de fait les candidatures isolées d'un seul des deux maillons.

En contrepartie de cet effort de caractérisation, GRDF propose un triptyque de soutien aux lauréats : financement, accompagnement technique par ses équipes, et visibilité au sein de son écosystème innovation, sans chiffrage rendu public à ce stade.

Un calendrier qui s'aligne sur l'industrialisation visée pour 2027

Les candidatures sont ouvertes du 15 juin au 31 octobre 2026, avec un webinaire de lancement prévu ce jeudi 18 juin de 15h à 16h. La sélection des lauréats est annoncée pour le 19 novembre 2026, pour un démarrage prévisionnel des projets retenus au premier trimestre 2027.

Ce calendrier coïncide avec celui identifié par l'AMI national piloté par NaTran (anciennement GRTgaz), qui avait recensé 24 projets de gazéification hydrothermale répartis dans 10 régions, capables de valoriser 1,25 million de tonnes de déchets par an pour 2 TWh de gaz renouvelable supplémentaire d'ici 2030. Les premiers sites industriels concrets étaient alors annoncés pour 2027, soit la même échéance que celle visée par cet appel à projets de GRDF. Les deux démarches semblent donc converger vers un même point de bascule.
 

Pourquoi cette question de qualité du gaz est centrale ?

La gazéification hydrothermale fonctionne à haute pression (210 à 350 bars) et haute température (360 à 700°C), un procédé radicalement différent de la digestion anaérobie utilisée en méthanisation classique. Cette différence de nature chimique explique pourquoi le gaz obtenu ne peut pas être traité comme un simple équivalent du biométhane issu de la méthanisation, déjà connu et normé pour l'injection. Les impuretés potentielles (composés soufrés, traces de métaux selon l'intrant, taux de CO2 variable) dépendent directement de ce qui est traité, ce qui complique la définition d'un protocole de traitement unique applicable à toute la filière.

C'est précisément cette hétérogénéité que GRDF cherche à cartographier avant d'envisager des règles d'injection génériques. Sans cette base de connaissance, chaque projet industriel devrait négocier au cas par cas les conditions de raccordement au réseau, ce qui ralentirait mécaniquement le déploiement de la filière.

Le potentiel affiché reste significatif sur le papier : jusqu'à 12 % de la production totale de gaz verts en France à horizon 2050, selon les estimations associées au projet Gazhyvert. Mais ce chiffre suppose que la qualité du gaz produit soit suffisamment maîtrisée pour permettre une injection standardisée, et non négociée projet par projet


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