Tracteurs au bioGNV : quel bilan après 3 ans d'expérimentation en France ?

Entre 2022 et 2025, 6 tracteurs New Holland T6 Methane Power fonctionnant au bioGNV ont été expérimentés dans autant d’exploitations agricoles en France. Ce programme déroulé par la fédération nationale des Coopératives d’utilisation de matériel agricole (FNCUMA) et l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF) a donné lieu à l’édition d’un rapport final (consulter le rapport) et d’un webinaire. Que retenir de cette présentation animée mercredi 8 avril 2026 par Julien Thual de l’Ademe ?
En se limitant aux seuls tracteurs et engins automoteurs (environ un million de véhicules), les consommations pesaient déjà 29,4 TWh. Cette activité se traduisait en 2018 par l’émission de 86 millions de tonnes d’équivalent CO2. Concrètement, le secteur agriculture-forêt cause environ 20 % de ces rejets dans l’atmosphère, en faisant de lui le deuxième secteur le plus fortement émetteur de gaz à effet de serre. Difficile ici de réduire les besoins en énergie, ce qui exige de trouver des moyens particulièrement payants de décarbonation pour tenir les engagements de la stratégie nationale bas carbone : -40 % au moins des émissions de GES en 2030 par rapport à 1990, et neutralité carbone à horizon 2050.
La croissance constante des unités de méthanisation (731 sites en service fin 2024) dans notre pays amène une piste naturelle, celle du bioGNV. A minima, on compte une réduction de 80 % des émissions de CO2 avec ce carburant, et même bien davantage encore quand le biométhane a été produit avec une part très importante d’effluents d’élevage.
En 2023 comme aujourd’hui, en France, l’offre en tracteurs agricoles fonctionnant au biogaz est limitée, portée par le constructeur New Holland. Il y a quatre ans, il s’agissait du modèle T6 180 Methane Power. Au banc, en activant la fonction boost, le moteur 6 cylindres NEF de FPT Industrial développe une puissance maximale de 154 ch pour un couple de 569 Nm. Embarquant un réservoir pouvant contenir 32 kg de GNV, il était vendu 20 % plus cher que sa déclinaison diesel, soit environ 145 000 €.
Animé par l’AAMF, le programme a également mobilisé la FNCUMA chargée d’évaluer les performances des tracteurs. Les deux structures étaient respectivement représentées lors du webinaire par Elsa Rouches (ingénieure agronome, docteure en méthanisation) et Nassim Hamiti (ingénieur agronome, chargé de missions agroéquipements).
Au bout des trois années d’expérimentation, le rapport publié poursuit trois objectifs : apprécier les performances des tracteurs ; informer les agriculteurs qui s’interrogeraient sur l’achat d’un modèle bioGNV et éclairer les décideurs.
Un test a été réalisé pour connaître l’autonomie restante quand l’alerte au tableau de bord signale qu’il faut aller faire le plein. Elle est de 52 minutes environ, de quoi parcourir 13 km avec le tracteur seul en roulant à 30 km/h, ou 8 km attelé à une benne à lisier vide.
Même si une note de satisfaction de 6 sur 8 a été remontée par les participants, l’autonomie a été le principal point négatif remonté. Toutefois, aujourd’hui, le nouveau T7 Methane Power de New Holland règle ce problème, en pouvant embarquer jusque 200 kg de gaz contre seulement 79 avec le T6. Il apporte également d’autres améliorations, notamment au niveau de la puissance, des distributeurs hydrauliques, de la boîte de vitesses à variation continue, et du confort dans la cabine.
L’autonomie dépendait, lors de l’expérimentation, du moyen d’avitaillement : station avec compresseur ou transfert par équilibre des pressions (250 bars dans le rack contre 200 dans le tracteur). Dans le second cas, l’avitaillement est moins complet, entre 70 et 80 %. Ainsi avec une remorque Cargaz, par exemple, mais qui a l’avantage de permettre de compléter la bonbonne directement sur le lieu d’utilisation du tracteur. Il faut compter entre 8 000 et 10 000 € pour avoir d’un tel équipement adapté au T6.
Des essais comparatifs ont aussi été réalisés entre le tracteur diesel New Holland T6 fonctionnant au GNR et sa déclinaison Methane Power. Conduits par la même personne pour des travaux similaires sur les mêmes parcelles, ils étaient équipés des mêmes pneumatiques.
Trois types de travaux ont été effectués. Pour le transport et l’épandage où le tracteur passe plus de temps sur la route que dans les champs, il a été observé une conso de 11,6 l/h pour le T6 diesel, contre 11,6 kg de gaz pour le Methane Power. Avec une autonomie respective de 18,8 et 6,8 heures, le T6 classique embarquant 218 litres de GNR, contre 79 kg de bioGNV dans le Methane Power.
Lors du travail du sol pour le déchaumage, il a été relevé 20 l/h de GNR, contre 16,2 kg de bioGNV, ce qui s’est traduit par des autonomies de 11,8 contre 4,9 heures. C’est en exploitant la prise de force en fixe pour le brassage du lisier que le décalage est le plus important : 23,7 contre 6,6 heures d’autonomie. Là, le T6 Methane Power se montre le plus gourmand face au diesel, avec 11,9 kg/h vs 9,2 litres. Il en ressort que c’est « lors des travaux lourds qui demandent de mobiliser de la puissance que le tracteur au bioGNV se montre le plus performant ».
Faut-il prendre le coût de production quand il est possible de faire le plein sur place ? Ou inclure le manque à gagner par rapport au contrat de vente dont bénéficie l’exploitation, lui aussi dépendant du type de l’unité de méthanisation (cogénération ou non, injection sur le réseau, etc.). Et si l’on a une station sur place, il faudrait aussi tenir compte de son coût de fonctionnement, qui a lui aussi ses variables selon l’usage (privé, ou distribution publique). On peut ainsi vite arriver à un kilo du bioGNV à plus de 2 €, soit plus que dans une station publique où il sera possible de déduire la part de la TVA remboursable.
Et quel prix de référence pour le GNR ? Partant du principe qu’une exploitation agricole ne pourra pas forcément beaucoup agir sur le prix d’achat du tracteur GNV ni sur celui du kilo de biogaz, les rédacteurs conseillent aux agriculteurs méthaniseurs de maximiser l’usage de l’engin. En l’exploitant de façon plus intensive que le diesel qu’il remplacerait, l’avantage pourrait plus facilement revenir au carburant décarboné.
Avec un litre de GNR à 1 € et le kilo de biogaz à 1,50 €, tous les travaux seraient plus économiques en étant réalisés avec un tracteur diesel : épandage, 33,00 contre 42,60 € ; déchaumage, 41,50 contre 49,50 € ; mixage du lisier, 30,60 contre 43,00 €. Mais si on fait travailler le tracteur au biogaz 1 200 heures à la place de 600, les opérations d’épandage (31,60 contre 33,00 €) et de déchaumage (38,60 contre 41,50 €) regagnent à être effectuées avec lui.
Pour le mixage du lisier, le GNR reste le mieux placé (30,60 contre 32,10 €). Toutefois, un des exploitants participant à l’expérimentation a mis en avant lors du webinaire quelques éléments qui méritent d’être ajoutés dans la balance du côté du biogaz. Car ce produit de la méthanisation « rend de l’autonomie et de la sécurité aux fermes ».
Pour cet agriculteur, il faudrait aussi mettre en positif le fait qu’une station privative peut aussi avitailler les camions et autres véhicules du site. Il est en outre le seul des six à être dans une région qui accorde aujourd’hui une subvention à hauteur de 42 % pour l’achat d’un tracteur fonctionnant au biogaz. Et là, bien sûr, tous les voyants virent au vert en faveur du Methane Power. Par ailleurs, le contexte actuel, avec un GNR à environ 1,80 € le litre lors de l’écriture du présent article, plaide aussi pour la solution biogaz.
Un secteur agricole fortement dépendant des énergies fossiles
Hors carburant routier, le secteur français de l’agriculture a consommé, en 2021, 49 térawattheures (TWh) d’énergie. Ce qui représentait environ 3 % de la consommation finale énergétique du pays pour un volume de 4,5 millions de tonnes équivalent pétrole. La part des produits pétroliers s’élevait alors de l’ordre de 68 % de la consommation finale d’énergie du secteur, dont 60 % de GNR (gazole non routier).En se limitant aux seuls tracteurs et engins automoteurs (environ un million de véhicules), les consommations pesaient déjà 29,4 TWh. Cette activité se traduisait en 2018 par l’émission de 86 millions de tonnes d’équivalent CO2. Concrètement, le secteur agriculture-forêt cause environ 20 % de ces rejets dans l’atmosphère, en faisant de lui le deuxième secteur le plus fortement émetteur de gaz à effet de serre. Difficile ici de réduire les besoins en énergie, ce qui exige de trouver des moyens particulièrement payants de décarbonation pour tenir les engagements de la stratégie nationale bas carbone : -40 % au moins des émissions de GES en 2030 par rapport à 1990, et neutralité carbone à horizon 2050.
La croissance constante des unités de méthanisation (731 sites en service fin 2024) dans notre pays amène une piste naturelle, celle du bioGNV. A minima, on compte une réduction de 80 % des émissions de CO2 avec ce carburant, et même bien davantage encore quand le biométhane a été produit avec une part très importante d’effluents d’élevage.
Une expérimentation inscrite dans les politiques publiques
L’expérimentation des 6 tracteurs New Holland T6 s’inscrit dans un contexte global débuté avec l’étude « BioGNV agricole et territorial. Etude de potentiel de développement » et deux appels à projets. D’abord en 2023 un soutien de France Agrimer s’élevant à 20 % pour l’achat d’un tracteur fonctionnant au bioGNV, puis, l’année suivante, le dispositif de l’Ademe pour soutenir les stations de distribution à la ferme.En 2023 comme aujourd’hui, en France, l’offre en tracteurs agricoles fonctionnant au biogaz est limitée, portée par le constructeur New Holland. Il y a quatre ans, il s’agissait du modèle T6 180 Methane Power. Au banc, en activant la fonction boost, le moteur 6 cylindres NEF de FPT Industrial développe une puissance maximale de 154 ch pour un couple de 569 Nm. Embarquant un réservoir pouvant contenir 32 kg de GNV, il était vendu 20 % plus cher que sa déclinaison diesel, soit environ 145 000 €.
Des essais menés chez six agriculteurs méthaniseurs
Selon les chiffres annoncés lors du webinaire, le coût total de l’expérimentation des 6 tracteurs New Holland Methane Power T6 s’est élevé à 679 000 €, avec une aide de l’Ademe de 360 000 € pour financer le volet R&D. Installés dans différentes régions de France, les 6 exploitations agricoles qui ont expérimenté cet engin sont toutes productrices de biogaz, l’une avec une station commerciale (Ile-de-France), deux en cogénération (Nouvelle Aquitaine et Aura), et trois en injection (Grand Est, Hauts-de-France, Bretagne). Concernant cette dernière, nous avions eu l’occasion de rendre visite à Florent et Nicolas Morel alors qu’ils avaient déjà quelques mois d’exploitation dans des conditions réelles du New Holland Methane Power T6.Animé par l’AAMF, le programme a également mobilisé la FNCUMA chargée d’évaluer les performances des tracteurs. Les deux structures étaient respectivement représentées lors du webinaire par Elsa Rouches (ingénieure agronome, docteure en méthanisation) et Nassim Hamiti (ingénieur agronome, chargé de missions agroéquipements).
Au bout des trois années d’expérimentation, le rapport publié poursuit trois objectifs : apprécier les performances des tracteurs ; informer les agriculteurs qui s’interrogeraient sur l’achat d’un modèle bioGNV et éclairer les décideurs.
Liste des agriculteurs associés à l'expérimentation
| Région | Agriculteur et société | Station |
|---|---|---|
| AURA | Nicolas Robert SAS Robert Forez Energie |
Station sur site en cogénération mise en service fin aout 2022. |
| Bretagne | Florent et Nicolas Morel SARL Morel Énergie |
En autoconsommation, station avant injection en service depuis 2022. |
| Grand-Est | David Peterschmitt SCEA des Longchamps |
Station en autoconsommation avant injection, en service depuis début 2022. |
| Hauts de France | Camille Dusannier SARL Le Pré du Loup Énergie |
Station en autoconsommation sur site après injection, difficultés de mise en service depuis 2023 avec fonctionnement très ponctuel en 2024. |
| Île de France Hauts de France |
Alexis Lepeu CUMA Plateau de la Brie Cyrille Dubois |
Approvisionnement sur stations commerciales pour certaines relativement éloignées. Approvisionnement sur stations commerciales et mise en service d’une station après injection fin 2024. |
| Nouvelle Aquitaine | Bertrand Guérin SARL Clottes Biogaz |
Station sur site en cogénération mise en service mi-sept. 2022, accès proche à une deuxième station Blocalps après injection sur un autre méthaniseur. |
L'autonomie, principal point faible du T6
Lors de l’expérimentation, les tracteurs T6 Methane Power ont principalement été exploités pour le transport (43 %) et l’épandage (25 %), deux activités qui permettaient en général de passer régulièrement devant les postes d’avitaillement en bioGNV. Par prudence, certaines exploitations ont évité de fonctionner avec un réservoir dans lequel il restait moins de 20 % de gaz, quand une autre en particulier a fonctionné 16 % du temps dans ces conditions.Un test a été réalisé pour connaître l’autonomie restante quand l’alerte au tableau de bord signale qu’il faut aller faire le plein. Elle est de 52 minutes environ, de quoi parcourir 13 km avec le tracteur seul en roulant à 30 km/h, ou 8 km attelé à une benne à lisier vide.
Même si une note de satisfaction de 6 sur 8 a été remontée par les participants, l’autonomie a été le principal point négatif remonté. Toutefois, aujourd’hui, le nouveau T7 Methane Power de New Holland règle ce problème, en pouvant embarquer jusque 200 kg de gaz contre seulement 79 avec le T6. Il apporte également d’autres améliorations, notamment au niveau de la puissance, des distributeurs hydrauliques, de la boîte de vitesses à variation continue, et du confort dans la cabine.
L’autonomie dépendait, lors de l’expérimentation, du moyen d’avitaillement : station avec compresseur ou transfert par équilibre des pressions (250 bars dans le rack contre 200 dans le tracteur). Dans le second cas, l’avitaillement est moins complet, entre 70 et 80 %. Ainsi avec une remorque Cargaz, par exemple, mais qui a l’avantage de permettre de compléter la bonbonne directement sur le lieu d’utilisation du tracteur. Il faut compter entre 8 000 et 10 000 € pour avoir d’un tel équipement adapté au T6.
Consommations et autonomies comparatives
Les consommations de biogaz du T6 ont été mesurées lors d’un circuit complet d’épandage : 6,5 kg/heure lors du pompage du lisier ; 15,7 lors du déplacement de la tonne à lisier pleine en roulant à 20 km/h sur route pendant 29 minutes ; 9,7 lors de l’épandage à une vitesse de 4 km/h, prise de force en action ; 13,1 kg/h au retour à vide en roulant pendant 19 minutes à 23 km/h.
Des essais comparatifs ont aussi été réalisés entre le tracteur diesel New Holland T6 fonctionnant au GNR et sa déclinaison Methane Power. Conduits par la même personne pour des travaux similaires sur les mêmes parcelles, ils étaient équipés des mêmes pneumatiques.Trois types de travaux ont été effectués. Pour le transport et l’épandage où le tracteur passe plus de temps sur la route que dans les champs, il a été observé une conso de 11,6 l/h pour le T6 diesel, contre 11,6 kg de gaz pour le Methane Power. Avec une autonomie respective de 18,8 et 6,8 heures, le T6 classique embarquant 218 litres de GNR, contre 79 kg de bioGNV dans le Methane Power.
Lors du travail du sol pour le déchaumage, il a été relevé 20 l/h de GNR, contre 16,2 kg de bioGNV, ce qui s’est traduit par des autonomies de 11,8 contre 4,9 heures. C’est en exploitant la prise de force en fixe pour le brassage du lisier que le décalage est le plus important : 23,7 contre 6,6 heures d’autonomie. Là, le T6 Methane Power se montre le plus gourmand face au diesel, avec 11,9 kg/h vs 9,2 litres. Il en ressort que c’est « lors des travaux lourds qui demandent de mobiliser de la puissance que le tracteur au bioGNV se montre le plus performant ».
| Type de travail | Consommation diesel (GNR) | Consommation bioGNV | Autonomie diesel | Autonomie bioGNV |
|---|---|---|---|---|
| Transport / épandage | 11,6 l/h | 11,6 kg/h | 18,8 h | 6,8 h |
| Travail du sol (déchaumage) | 20 l/h | 16,2 kg/h | 11,8 h | 4,9 h |
| Prise de force (mixage lisier) | 9,2 l/h | 11,9 kg/h | 23,7 h | 6,6 h |
Un comparatif économique difficile à établir
Le comparatif économique n’est pas simple à réaliser. Selon les rédacteurs du rapport, en raison d’une proximité technologique, la décote et les frais d’entretien sont similaires. Le prix de la version Methane Power est environ 20 % plus cher que le diesel. C’est au niveau du prix du bioGNV que les différences peuvent être très importantes d’une exploitation agricole à l’autre, selon la provenance du bioGNV et comment évaluer le prix.Faut-il prendre le coût de production quand il est possible de faire le plein sur place ? Ou inclure le manque à gagner par rapport au contrat de vente dont bénéficie l’exploitation, lui aussi dépendant du type de l’unité de méthanisation (cogénération ou non, injection sur le réseau, etc.). Et si l’on a une station sur place, il faudrait aussi tenir compte de son coût de fonctionnement, qui a lui aussi ses variables selon l’usage (privé, ou distribution publique). On peut ainsi vite arriver à un kilo du bioGNV à plus de 2 €, soit plus que dans une station publique où il sera possible de déduire la part de la TVA remboursable.
Et quel prix de référence pour le GNR ? Partant du principe qu’une exploitation agricole ne pourra pas forcément beaucoup agir sur le prix d’achat du tracteur GNV ni sur celui du kilo de biogaz, les rédacteurs conseillent aux agriculteurs méthaniseurs de maximiser l’usage de l’engin. En l’exploitant de façon plus intensive que le diesel qu’il remplacerait, l’avantage pourrait plus facilement revenir au carburant décarboné.
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Simulations : dans quels cas le bioGNV devient compétitif ?
Avec un litre de GNR à 1,50 € et le kilo de bioGNV à 1,00 €, pour 600 heures de fonctionnement par an, le biogaz apparaît plus économique en termes de coûts totaux pour l’épandage (36,80 contre 38,80 €) et le déchaumage (41,40 contre 51,60 €). En raison d’une plus forte consommation, c’est l’inverse pour le mixage du lisier où le biogaz ressort à 37,10 contre 35,20 €.Avec un litre de GNR à 1 € et le kilo de biogaz à 1,50 €, tous les travaux seraient plus économiques en étant réalisés avec un tracteur diesel : épandage, 33,00 contre 42,60 € ; déchaumage, 41,50 contre 49,50 € ; mixage du lisier, 30,60 contre 43,00 €. Mais si on fait travailler le tracteur au biogaz 1 200 heures à la place de 600, les opérations d’épandage (31,60 contre 33,00 €) et de déchaumage (38,60 contre 41,50 €) regagnent à être effectuées avec lui.
Pour le mixage du lisier, le GNR reste le mieux placé (30,60 contre 32,10 €). Toutefois, un des exploitants participant à l’expérimentation a mis en avant lors du webinaire quelques éléments qui méritent d’être ajoutés dans la balance du côté du biogaz. Car ce produit de la méthanisation « rend de l’autonomie et de la sécurité aux fermes ».
Pour cet agriculteur, il faudrait aussi mettre en positif le fait qu’une station privative peut aussi avitailler les camions et autres véhicules du site. Il est en outre le seul des six à être dans une région qui accorde aujourd’hui une subvention à hauteur de 42 % pour l’achat d’un tracteur fonctionnant au biogaz. Et là, bien sûr, tous les voyants virent au vert en faveur du Methane Power. Par ailleurs, le contexte actuel, avec un GNR à environ 1,80 € le litre lors de l’écriture du présent article, plaide aussi pour la solution biogaz.
| Scénario | Épandage | Déchaumage | Mixage lisier |
|---|---|---|---|
| 1,50 € GNR / 1,00 € bioGNV (600 h) | BioGNV avantage | BioGNV avantage | Diesel avantage |
| 1,00 € GNR / 1,50 € bioGNV (600 h) | Diesel avantage | Diesel avantage | Diesel avantage |
| 1,00 € GNR / 1,50 € bioGNV (1200 h) | BioGNV avantage | BioGNV avantage | Diesel avantage |
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