Comment TotalEnergies compte devenir leader du biométhane

Comment TotalEnergies compte devenir leader du biométhane
Depuis 2020, TotalEnergies accélère dans les gaz renouvelables et mise en particulier sur le biométhane, une composante en croissance de la transition énergétique.

« En 2020, TotalEnergies a affirmé son ambition Net Zero pour 2050, en tant qu’acteur majeur de la transition énergétique. L’un des leviers de cette ambition est de promouvoir les énergies renouvelables, parmi lesquelles le biométhane, facteur de décarbonation de la chaîne gazière. Entrée sur ce marché dès 2018, la compagnie a d’abord racheté la société néerlandaise Pitpoint Clean Fuels, se dotant ainsi d’une première expérience dans la production et la distribution de biométhane à usage carburant en Europe. En France, ce sont les 10 cogénérations alimentées en biogaz de Méthanergy qui se sont ensuite ajoutées à ce portefeuille naissant. Puis, TotalEnergies a pris une participation dans la société Clean Energy, le premier distributeur de gaz renouvelable dans les transports aux Etats Unis et au Canada. Enfin, en septembre 2020, TotalEnergies a créé une business unit (BU) dédiée à la production de biogaz. » nous explique Aurélie Balcou, responsable ventes et marketing de la BU Biogaz de TotalEnergies.

L’ambition de TotalEnergies est claire. « Il s’agit de compter parmi les acteurs majeurs de la production et de la commercialisation de gaz renouvelable. Un objectif ambitieux a été fixé pour 2025 : produire 2 TWh/an à l’échelle mondiale – soit l’équivalent de la production injectée dans les réseaux français en 2020. Et trois grandes géographies sont visées, l’Europe, l’Amérique et l’Asie. L’Europe sera au cœur de ce développement » chiffre notre interlocutrice.

Premier producteur de biométhane en France grâce à l’acquisition de Fonroche Biogaz

A peine quelques mois après le lancement de sa nouvelle Business Unit, TotalEnergies annonce, en janvier 2021, le rachat de Fonroche Biogaz. « Cette acquisition nous positionne comme le premier producteur de biométhane en France avec plus de 10 % de parts de marché. C’est un ancrage fort dans notre pays d’origine et qui a vocation à croître » explique Aurélie Balcou.

Renommée TotalEnergies Biogaz France, la filiale française dispose actuellement de près de 500 GWh de capacité d’injection et compte 7 sites installés en France, principalement dans l’Ouest. « Nous avons quatre autres sites en développement, dont un en construction près de Pau », précise la représentante de TotalEnergies. Du côté des garanties d'origine françaises, TotalEnergies lancera ses premières offres de gaz vert sourcé en interne cette année.



Une ambition mondiale

Pour opérer un véritable changement d’échelle de son activité biométhane, TotalEnergies se tourne vers de nouveaux marchés, en particulier ceux dans lesquels la compagnie est déjà implantée. Aux Etats-Unis, la compagnie a créé en décembre 2020 une joint-venture avec Clean Energy, qui dispose de plus de 550 stations-services dédiées à la fourniture de bioGNC et de bioGNL en Amérique du nord. Les partenaires ont posé, en novembre, la première pierre du projet d’unité de production de biométhane qu’ils vont développer au Texas, à partir des effluents d’élevage de l’exploitation laitière Del Rio Dairy Farm. Ce sont plus de 40 GWh de biométhane qui seront ainsi produits chaque année, permettant une réduction d’émissions de CO2e de 400 000 tonnes.

En Inde, c’est avec Adani, l’un des plus gros fournisseurs d’énergie du pays, que TotalEnergies a formé une coentreprise, Adani TotalEnergies Gas Ltd, pour développer les marché aval du gaz, dont la distribution de GNC et la fourniture de biométhane. « En Inde, la production de biogaz est aujourd’hui à parité avec le gaz fossile grâce notamment à la valeur accordée au digestat, fortement apprécié comme substitut naturel aux engrais chimiques. Le cadre d’une première unité de méthanisation à Barsana vient d’être fixé par les partenaires avec un sanctuaire pour vaches sacrées, dont les effluents alimenteront l’installation en projet ».

En Europe, les projets de TotalEnergies autour du biogaz vont également se multiplier. « En Europe, le contexte est très favorable. Deux jalons ont récemment été franchis au niveau européen : l’ouverture des frontières pour les garanties d’origine et l’éligibilité de ces mêmes garanties au niveau des quotas ETS » souligne Aurélie Balcou. « Baptisé ERGaR (European Renewable Gas Registry - ndlr), le registre européen des garanties d’origine a été ouvert cet été. L’Autriche, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Angleterre ont déjà rejoint ERGaR, les autres Etats membres devraient suivre bientôt » détaille-t-elle.

La force du biométhane, c’est l’ancrage local 

« Notre développement s’oriente en priorité vers les pays où TotalEnergies est déjà présent en Europe. » rappelle notre interlocutrice. « La force du biométhane, c’est l’ancrage local et la relation qui se crée avec les acteurs du territoire. L’une de nos approches est d’entrer sur un nouveau marché par l’investissement dans des structures existantes. Puis de favoriser leur développement, en mettant à leur disposition l’expertise technico-économique et le savoir-faire d’un acteur industriel intégré sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation de biométhane. »

La production de bioGNL à l’étude

Car elle devient de plus en plus incontournable, et notamment pour la mobilité, la production de bio-GNL intéresse également les équipes Biogaz de TotalEnergies afin de proposer aux clients mobilité des solutions concrètes de décarbonation des transports terrestres et maritimes.

« En France, nous sommes entrés dans une étude de pré-faisabilité avec Elengy, CMA-CGM et EveRé sur un projet de production de biométhane liquide dans l’enceinte du Grand Port Maritime de Marseille, rendu possible grâce au décret du 30 septembre 2021 qui soutient la production de biogaz non injecté, en ligne avec la loi d’orientation des mobilités (loi LOM). » souligne Aurélie Balcou.  « Nous avons des clients qui sont demandeurs de bioGNL mais le cantonnement, jusqu’à présent, des subventions au biométhane injecté créait une distorsion de prix entre bioGNC et bioGNL, au détriment de ce dernier, malgré l’atout indéniable qu’il représente pour décarboner rapidement la mobilité lourde » nuance-t-elle.

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1 Commentaire

  1. AlberiPublié le 14/02/2022 à 15:58

    Et les stations GNV Total et AS24 ouvertes aux particuliers, c’est pour quand ?

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