Enfin des quotas d'émissions CO2 pour le transport maritime !

Enfin des quotas d'émissions CO2 pour le transport maritime !
Jusqu’à présent, le transport maritime est le seul secteur qui échappe aux contraintes de l’Union européenne pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Changer cette situation reviendrait à mettre le cap sur le biogaz.
 

2-3% des émissions mondiales

L’activité maritime mondiale est de plus en plus souvent pointée pour son lourd impact environnemental. En plus des porte-conteneurs qui se multiplient sur les mers en résultat de l’accroissement du commerce international, les navires de croisière affichent encore globalement des émissions désastreuses. Certains d’entre eux polluent individuellement davantage que des dizaines de milliers de voitures, comme le signalait encore l’an dernier l’ONG Transport&Environment dans une étude. La Commission européenne rapporte que le transport maritime est la cause de 2 à 3% du total des émissions mondiales de GES. Si le pourcentage pourrait paraître minime, dans les faits, les volumes rejetés dans l’atmosphère sont supérieurs à ceux de n’importe quel Etat membre de l’UE !
 

Proposition acceptée…

Se ralliant aux voix de plus en plus audibles pour dénoncer une exception injustifiable, la commission européenne a soumis au vote une proposition visant à réviser « le système européen de surveillance, de notification et de vérification des émissions de CO2 du transport maritime ». Il s’agissait aussi de mettre en conformité le règlement MRV en vigueur dans l’Union européenne avec les nouvelles obligations de l'Organisation maritime internationale (OMI). La commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire a approuvé cette initiative (62 voix pour, 3 voix contre, et 13 abstentions) mardi dernier 7 juillet 2020. Les députés ont cependant souhaité aller plus loin, en proposant et votant dans la foulée des mesures complémentaires.
 

…et complétée

Les navires jaugeant au moins 5.000 tonneaux devraient être inclus au système . Pierre angulaire de la politique européenne de lutte contre le dérèglement climatique, ce dispositif, qui se présente comme un marché mondial du carbone, constitue le principal outil exploité par l’Union pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sur son territoire. Ceci posé, les députés ont tenu à ce que les exigences contraignantes portent sur les compagnies plutôt que sur un marché global aux limites plus floues et ciblant moins directement les entreprises concernées. D’ici 2030, elles devront réduire les émissions moyennes annuelles de CO2 de leurs activités de transport d’au moins 40%. Un pourcentage qui s’entend pour chacun des navires en service.

« La surveillance et la notification des émissions de CO2 sont importantes, mais les statistiques à elles seules n’économisent pas un seul gramme de gaz à effet de serre. C’est pourquoi nous allons plus loin que la proposition de la Commission et demandons des mesures plus strictes pour réduire les émissions du transport maritime », justifie Jutta Paulus, députée européenne, membre du parti écologiste allemand Alliance 90/Les Verts, et rapporteure du vote de la sous-commission.
 

Création d’un fonds spécifique

En parallèle à l’intégration des bateaux de forts tonnages dans le système ETS, la création d’une caisse spécifique appelée « Ocean Fund » (fonds océanique) est souhaitée par les députés. Elle serait alimentée grâce aux revenus générés par les enchères sur les quotas dans le cadre de ce dispositif d’échanges. Elle permettrait concrètement de rendre les navires plus économes en énergie. Et ce, en soutenant les investissements dans les technologies et infrastructures innovantes. Sont ici clairement ciblés les carburants alternatifs comme le bioGNV, comprenant la création de « ports verts ». Une part de 20% des revenus du fonds océanique serait mobilisée « pour contribuer à la protection, la restauration et la gestion efficace des écosystèmes marins touchés par le réchauffement climatique ».
 

Plénière de mi-septembre 2020

Egalement convaincus que l’OMI peut mieux faire à son niveau pour la prise en charge du problème des émissions carbonées dans le secteur du transport maritime, les députés espèrent l’adoption de leurs propositions à la session plénière programmée à Strasbourg du 14 au 17 septembre prochains. A la suite de cette étape, le Parlement européen pourra négocier avec chacun des Etats membres la forme finale que revêtira la nouvelle législation.
 

Le GNL se développe dans le transport maritime

Ce ne sont encore que quelques exemples, mais un nombre croissant de professionnels s’activent déjà à employer le gaz naturel dans le transport maritime ou à en faciliter l’usage. C’est ainsi le cas des partenaires de la coalition multisectorielle d’origine britannique SeaLNG que FortisBC a rejointe à l’automne dernier. L’entreprise canadienne s’est engagée à réduire de 30%, à horizon 2030, les émissions de ses clients exploitants de gros navires. Porte-conteneurs à l’usage d’Audi, le Wes Amelie fonctionnera avec du GNL synthétique produit en Allemagne à partir d’électricité obtenue d’éoliennes. Troisième exemple avec le croisiériste Hurtigruten qui prévoit de convertir plusieurs de ses navires au gaz naturel d’origine renouvelable.
 
 
 

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